Comment la Namibie a-t-elle échappé à une catastrophe écologique imminente?

Dans les années 80, les animaux sauvages avaient quasiment diaparus de la Namibie, suite au braconnage, aux safaris et à la sécheresse. Aujourd’hui le pays est le dernier bastillon d’une nature sauvage intacte où les animaux sont chez eux.

Un miracle? Non, un pari génial: lier le destin de l’homme à celui de la nature!!!

Alors que depuis des décennies, dans l’ensemble des pays d’Afrique le seul moyen de conservation de la nature est la sanction du braconnage (sans effets), l’idée est née des chefs coutumiers qui soulignaient l’importance pour la population noire (suite à l’apartheid) de retrouver la souveraineté de la terre et du visionnaire Garth Owen Smith.

En 1996, une loi donne la responsabilité de la protection de la faune sur un espace délimité à un conservatoire constitué de la population locale et, en compensation, le droit d’usage des ressources de la nature: Tourisme, Gestion de la chasse (gérée par les communautés et contrôlée par le ministère de l’environnement et du Tourisme qui après recensement attribue des quotas pour chaque espèce) et Collecte de données scientifiques (pour les ONG notamment)…

Aujourd’hui, si la Namibie compte 17 aires protégées et 7 parcs nationaux, il existe 76 conservatoires pour une surface de 155 000 Km2 (19% du territoireà et 230 000 habitants – 1/4 des ruraux namibiens). Les résultats sont incomparables, à la fois pour l’environnement et l’économie locale. Le conservatoire Khoadi-Hoas a affiché en 2010 une recette d’environe 150 000€. Ce revenu est issu de la chasse et du lodge. Et dans le même temps on note de grandes réussites en matière de protection de l’environnement: alors que le Rhinocéros est menacé d’extinction, la Namibie en abrite la plus grande population en liberté (140 individus), le cheptel des éléphants a été multiplié par 4 en 30 ans (750 individus) et le nombre de zèbres a été mutliplié par 30 (27 000 individus). Le gouvernement a voulu accélerer le processus en déplaçant certaines espèces depuis les parcs nationaux vers les conservatoires, montrant par le même moyen sa confiance dans ce système et dans la population locale.

Ce pari incroyable a pourtant des limites. Il est difficile de conserver en permanence l’équilibre entre la nature sauvage et l’homme. Les problèmes se font notamment sentir lors des sécheresses quand animaux sauvages et bétails doivent partager les faibles ressources en eau, ou quand les animaux concernés peuvent être dangereux pour l’homme. Le village de Puros par exemple, faisait figure d’exemple. Lions, qui avaient choisit ce territoire, et hommes cohabitaient, faisant fleurir le tourisme et l’économie. Mais en 2011, des villageois sont effrayés par des lions de plus en plus hardis, 6 lions seront tués. Ce scandale permet de rappeler que l’équilibre est fragile, mais l’exercice reste une réussite, les lions sont passés en 20 ans de 20 individus à 150 et d’autres exemples montrent l’évolution réelle et profonde des mentalités. Dans le conservatoire de Torra, l’établissement de 8 lions en 2011, sème la zizanie dans les troupeaux. Plutôt que de céder à la peur, on décide de mettre le bétail à l’abris grâce à l’apport financier du tourisme lié à la présence des lions…

Résumé de l’article du numéro de septembre de Géo: « Namibie: la nouvelle arche de Noé »

 

 

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